Comment faire des joints de carrelage : Le Guide Complet pour une Finition Impeccable

Poser un carrelage est une chose, mais réaliser des joints de carrelage parfaits en est une autre. Cette étape, souvent redoutée par les bricoleurs amateurs, est pourtant cruciale pour la pérennité et l’esthétique de votre sol ou mur. Un bon jointoiement assure l’étanchéité de la surface, compense les légères variations dimensionnelles entre les carreaux et empêche l’infiltration d’humidité et de saletés. Que vous utilisiez un ciment joint classique ou une résine époxy plus technique, la méthode requiert précision et patience. Ce guide expert vous détaillera chaque étape, du choix des matériaux à la finition, pour transformer cette tâche délicate en un succès à la portée de tous. Maîtriser la pose du carrelage ne s’arrête pas à la pose des carreaux ; c’est le joint de carrelage qui lui donne son caractère et son intégrité.

La Préparation : Le Secret d’un Joint Réussi

Avant même d’ouvrir votre premier sac de mortier de jointoiement, une préparation méticuleuse est indispensable. Assurez-vous que la pose des carreaux est terminée depuis au moins 24 à 48 heures, le temps que la colle à carrelage (comme celles proposées par Weber ou MAPEI) sèche complètement. La surface des carreaux doit être parfaitement propre, sèche et exempte de toute trace de colle.

La première opération consiste à nettoyer les joints. À l’aide d’un grattoir ou d’un tournevis, retirez l’excédent de colle présent dans les espaces entre les carreaux. L’objectif est d’obtenir une profondeur de joint uniforme, idéalement égale aux 2/3 de l’épaisseur du carreau. Passez ensuite l’aspirateur pour éliminer toutes les poussières et les résidus. Cette étape est primordiale : la moindre poussière peut compromettre l’adhérence du produit de jointoiement.

Le choix de la largeur de la raclette à joint est également crucial. Elle doit être adaptée à la largeur de vos joints. Pour des joints fins (moins de 4 mm), une raclette en caoutchouc souple suffira. Pour des joints plus larges, optez pour une raclette plus rigide. Des marques comme Fugenboy ou Raimondi proposent des raclettes de haute précision, un investissement judicieux pour les travaux réguliers.

Le Gâchage et l’Application : La Phase Cruciale

Vient ensuite le moment de préparer votre mélange. Que vous choisissiez un ciment joint traditionnel en poudre (de la marque LTP, par exemple) ou un produit prêt à l’emploi, suivez scrupuleusement les instructions du fabricant. Pour les poudres, versez la quantité d’eau recommandée dans un seau propre avant d’ajouter la poudre progressivement. Mélangez à l’aide d’un malaxeur électrique jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène, crémeuse et sans grumeaux. La consistance est key : trop liquide, le joint sera faible ; trop pâteux, il sera difficile à appliquer. Laissez souvent reposer le mélange quelques minutes (c’est le temps de « détente »), puis remélangez brièvement.

Pour l’application, prélevez une quantité généreuse de mortier de jointoiement avec votre raclette. Appliquez-le en diagonale par rapport aux joints, en forçant pour bien remplir les interstices. N’hésitez pas à exercer une pression ferme pour vous assurer que le joint est comblé sur toute sa profondeur. Travaillez par petites surfaces (environ 1 m²) pour ne pas vous laisser dépasser par le séchage.

La Finition : Donner son Aspect Final au Joint

Une fois la surface recouverte, laissez reposer le produit quelques minutes (le temps indiqué sur l’emballage, généralement 5 à 20 minutes) jusqu’à ce qu’il ait légèrement tiré. C’est le moment d’essuyer l’excédent. À l’aide d’une éponge à joint propre et bien essorée, passez-la à nouveau en diagonale sur les carreaux. Rincez-la fréquemment dans un seau d’eau claire. Cette première passe permet d’enlever le gros de l’excédent sans arracher le joint des interlignes.

Patientez à nouveau jusqu’à ce qu’un voile laiteux commence à se former sur les carreaux. Prenez alors une chiffon microfibre propre et sèche et lustrez la surface pour éliminer les dernières traces de voile. Pour les carreaux sensibles aux rayures (comme le grès cérame), l’utilisation d’une éponge abrasive spécifique peut être recommandée. Des produits d’entretien comme ceux de la marque Kärcher pour le nettoyage final ou les solutions spécialisées de FILA ou Lithofin pour l’entretien ultérieur peuvent être envisagés.

Pourquoi le Choix du Produit est Déterminant

Le choix du produit de jointoiement n’est pas anodin. Le ciment joint classique est économique et convient à la plupart des pièces sèches. Pour les pièces humides (salle de bain, douche), privilégiez un joint hydrofuge, voire un joint étanche à base de polyuréthane ou de résine époxy. Ces derniers, bien que plus chers et plus délicats à manipuler, offrent une résistance chimique et une étanchéité, inégalables, idéales pour les cuisines professionnelles ou les abattoirs. Des marques comme Mapei (avec leur gamme Ultracolor Plus) ou Ardex excellent dans ce domaine.

En définitive, savoir comment faire des joints de carrelage n’est pas une compétence réservée aux seuls professionnels, mais un savoir-faire qui s’acquiert avec une méthode rigoureuse et les bons outils. La réussite de cette opération repose sur un triptyque indissociable : une préparation irréprochable des supports, le choix judicieux d’un produit de jointoiement adapté à l’environnement et à la nature de votre carrelage, et une exécution soigneuse lors de l’application et de la finition. Prendre le temps de bien nettoyer les joints en amont et de sélectionner une raclette à joint de qualité paiera incontestablement lors de la phase d’application. Que vous optiez pour un ciment joint traditionnel ou pour une solution haute performance comme la résine époxy, respectez scrupuleusement les préconisations du fabricant, notamment concernant les temps de séchage et les dosages. Ne sous-estimez pas l’importance de la phase de lustrage avec une chiffon microfibre ; c’est elle qui garantira l’éclat final de votre carrelage sans laisser de voile disgracieux. Maîtriser la technique du jointoiement, c’est s’assurer non seulement de la beauté durable de votre installation, mais aussi de son étanchéité et de sa facilité d’entretien au quotidien. Avec ce guide, vous disposez de toutes les clés pour aborder cette dernière ligne droite de la pose de votre carrelage avec sérénité et professionnalisme, promettant un résultat dont vous serez fier pour les années à venir.

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